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Eboueuse de voyage

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DECOnnecte toi

Eboueuse de voyage.

Changer le monde, une ordure après l’autre.

Une plage de sable fin, une eau turquoise et des palmiers à perte de vue.
Une petite rivière qui serpente dans la forêt tropicale.

Alalala c’est beau, qu’est ce que ça fait rêver.

Oh mais, attends, une bouteille de bière. Un sac en plastique. Une tong ? Ok.. comment elle est arrivée là celle-la ?
Un paquet de mouchoir. Une canette, puis deux, puis dix..

Quel gâchis..

De la chaleur ardente des plages thaïlandaises à la fraîcheur saisissante des lacs néo-zélandais.

C’est la route que j’ai empruntée pour devenir une petite éboueuse de voyage.

En Thaïlande déjà, ça m’avait frappé. Le long des voies de chemin de fer surtout. Des centaines de boîtes en plastique, jetées du train en marche. Des canettes, par centaines. Voyez, on y mange, dans les trains thai, on y mange d’ailleurs plutôt bien – ça n’est pas la question. Les trajets sont longs, les vendeurs ambulants embarquent à chaque gare, chargés de portions de brochettes de poulet mariné, de riz gluant et mangue fraîche, et il y a de poubelle dans ce train. Et puis on est déjà bien chargés, avec nos backpack, nos mômes, nos vies. J’avais beau en faire le tour, aucune excuse ne justifiait ça.

Prête à me réinventer en petite aventurière de la brousse s’adaptant à toute situation, pas froid aux yeux, pas peur de crotter mes tongs. Mais ces déchets, je ne pouvais pas m’y habituer.

On est tenté, même dégouté par cette vaste collection d’ordures jonchant le paysage, de s’en trouver navré certes, mais de passer son chemin. C’est pas mes ordures, c’est pas mon pays, pas mon job de faire place propre.

En France, on trie. On essaye en tout cas. En Thaïlande, trouver une poubelle relève souvent du miracle. C’est presque dommage de se faire à l’idée, ça se transforme bien gentiment en petit préjugé bien stupide :  la Thaïlande c’est sale, c’est normal. Je les entends, les petits touristes en tongs et chaussettes : « Qu’est ce qu’ils sont sales dans ce pays! »

Seulement voilà :  sont à blâmer autant les locaux que les touristes, et c’est bien ça le problème..

 

Je ne m’attendais pas à trouver la Nouvelle-Zélande dans cet état. Les paysages vraiment à couper le souffle.

Tout ce vert, ces espaces immenses, ces petites criques à l’eau transparente (et glacée), ces forêts aux arbres gigantesques et j’en passe. C’est tellement grandiose, tellement « nature ».

Et une canette de bière. Et l’éternel enfoiré de sac plastique.

C’est là que j’ai décidé de commencer ma mission. J’ai fouillé le van, trouvé un sac à dos en toile et c’était parti. Chaque rando, mon sac et moi, on a fait des rencontres. Des bières, des couverts en plastique, des emballages de sandwiches, des pailles. Et à chaque poubelle, on a vidé et on est repartis.

C’est devenu un jeu.

Les repérer, les petites tâches blanches des sacs disséminés entre les troncs d’arbre, les logos criards de Coca Cola et ses copains dans les buissons.

Escalader ces rochers pour aller déloger les bouteilles de whisky qui trônent au sommet, fières représentes de la race humaine et de ses glorieuses conquêtes.

Ne rien laisser, que ça soit éclatant de Nature, qu’on puisse n’en avoir d’yeux que pour Elle. Les récoltes étaient parfois maigres, pour notre plus grand bonheur, mais c’était aussi grisant de revenir chargés, contents de faire une vraie différence. Pas pour les autres qui passeraient derrière, pas pour moi et ma bonne conscience.

Pour Elle.

 

Alyo,

Photographies prisent au Blue lake, Ile du Nord Nouvelle Zélande.

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