Série 1

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La ligne et le pigment

A l’instar d’un musée, d’une galerie ou d’un théâtre, DECOnnexion design se lance à la recherche de pépites artistiques et vous les partage. En résumé : 3 œuvres – 3 artistes – Des connexions ! Chaque article sera l’occasion de pousser un peu plus loin notre perception visuelle, d’affûter nos regards, d’aiguiser nos sens.

Serie 1

Takashi Yasui – sans titre – sans date/Giuliano Sale – Raining Stones – 2013 / Graig Tracy – Deep – sans date.

3 artistes 3 œuvres, une étude croisée éclairant des connexions et révélant un codex à émotions.

Dans ce premier article de la rubrique,  le jeu est lancé, la règle est simple : 3 œuvres issues de démarches artistiques différentes sont choisies au fil des navigations internet. Mises en miroir, des connexions visuelles s’établissent entre elles et des liens se créent, par la ligne et le pigment. Des paysages désertiques peints par Giuliano Sale aux architectures rigides saisies par Takashi Yasui en passant par les courbes sinueuses photographiées par Craig Tracy, les œuvres se répondent.

De la ligne au ciel

Tout d’abord, une structure, une composition commune apparait en filigrane. Que ce soit par l’angle architectural, par le regard du photographe sur le corps nu ou par la composition du peintre, les lignes retiennent le regard. Majoritairement verticales, sinueuses ou rigides, elles se concentrent en une masse centrale et se répondent hors cadre. Mais, quand le rassemblement des lignes chez Sale rend évident l’isolement du bosquet, les lignes sur le corps de la femme évoquent la sensualité alors que la courbe formée par les toris (portails traditionnels japonais) soulignent l’ascension physique vers la spiritualité.

La terre est bleue comme une orange – Paul Eluard, 1929

Citation poétique et bien énigmatique à première lecture.  Cette phrase, paradoxale, résume la veine surréaliste de l’auteur pour qui les mots, les degrés, les formes et couleurs n’ont pas de frontières et sont un vaste espace de jeu.

Comme Éluard, les artistes jouent sur le contraste entre le bleu et l’orange. Opposées sur le cercle chromatique, ces couleurs sont appelées « complémentaires », ce sont les plus fortement contrastées. Dans les trois œuvres, elles se répartissent de manière presqu’égale. Les bleus-gris, froids et sombres, sont dominants et forment des rideaux de lignes. Ils sont ici rehaussés par des touches d’ocre-orangés-rouges, créant des points d’accroches, des arrêts lumineux pour le regard. Trois œuvres différentes mais une volonté affirmée de faire surgir d’un contraste, une puissante émotion

 Chaque mois, découvrez un nouvel article sur DECOnnexion-Design!

 A. R.

 

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