La politique de l’autruche

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Déconnecte toi.

La politique de l’autruche.

 

L’Homme et l’animal, des rapports plutôt très moyens (et comment essayer de faire mieux, parce que « Yes We Can! »)

 

Qu’est ce qui illustre mieux la politique de l’autruche, si ce n’est l’attitude de notre espèce envers les autres ? Parce qu’on aime mieux rester la tête sous la pelouse que de regarder la réalité animale en face. Ça se comprend, une fois qu’on y regarde de plus près, c’est pas joli à voir, ça fout même carrément la gerbe.

Mais allez, on prend son courage à deux mains, et on ouvre les yeux.

Ce n’est pas de la cruauté. Pas de la part des spectateurs en tout cas. C’est que de l’ignorance.

De l’animal, de ses besoins et comportements. De ce qui s’est passé pour lui pour en arriver là. Exemple(s) ?

 

L’éléphant domestiqué, cette bonne blague.

Alors oui ça fait des siècles que ces montures exotiques font partie du commun. On les voit dans les films, sur les tableaux et sculptures, sur les prospectus de ces #@!*% de cirques.

Mais est ce que c’est pour autant acceptable? Bah non.

L’éléphant est un animal sauvage territorial. Les mâles vivent en solitaires et peuvent être très agressifs si on s’approche d’un peu trop près de chez eux. Voyez Shrek et son marais ? Bah pareil. Les femelles restent en famille regroupant 4 à 5 générations. Elles sont très protectrices de leurs petits, comme n’importe quelle maman.

L’éléphant est aussi un grand sensible. Il est attaché aux lieux, aux souvenirs. Mais un « gentil géant » ? Certainement pas.

Les éléphants de cirques et de trek – sur qui on monte pour une balade dans la jungle – sont bien loin de cet état naturel.

Pour « domestiquer » un animal sauvage de cette taille, pensez bien qu’il faut le prendre quasiment au berceau. Et donc l’arracher à sa famille. Classe.

Pour contrôler un animal d’une telle force, il faut le « briser ». Alors là je vous passe les détails, allez voir sur Youtube si vous aimer les trucs gore.

Et pour qu’il accepte de porter des gens sur son dos … Parce qu’en vrai ça lui fait mal, sa colonne vertébrale est très différente de celle des chevaux et se déforme sous le poids.

Pour ça il faut le maintenir dans la peur. Facile, puisqu’il se souvient. De chaque coup, de chaque privation. Su-per classe.

Tout ça je l’ai appris en Thaïlande où j’ai travaillé auprès d’éléphants rescapés. Des refuges sauvent ces éléphants « domestiqués » de leur triste sort. Ils se rendent dans ces camps de l’enfer et libèrent les éléphants de leurs chaines. Ils leur offrent un endroit sûr où ils n’ont plus à travailler un seul jour de plus.

Mais dans ces refuges, les éléphants ne sont pas les seuls..

 

Des singes, des ours, des tigres… de compagnie ?

L’engouement pour l’orient n’a malheureusement pas eu de limite. Une telle diversité de la faune locale, c’est extraordinaire, c’est clair. Les singes, petits humains sauvages, si semblables à nous. Les ours, petites peluches vivantes, si câlines et craquantes. Les tigres, yeux bleu perçants et pelage magnifique, ni plus ni moins que des gros chats. Encore une fois, tout faux.

On a cru qu’on pouvait tout domestiqué, à tord.

Même schéma, encore. Des petits arrachés à leur famille, ou né en captivité et n’ayant jamais vu un arbre. Un dressage fait de violence et de privation, des dents limées et des griffes arrachées.

Ces animaux, adorables quand ils sont petits, voient leurs instincts sauvages refaire surface en grandissant. Ils deviennent incontrôlables et dangereux, et finissent dans de petites cages.

Pire encore, en Asie surtout, ces animaux sont des esclaves au service du divertissement des touristes. Autant de spectacles de singes – chimpanzés et macaques surtout – et d’ours que de parcs animaliers déguisés, comme le célèbre Tiger Temple à Kanchanaburi qui offre de venir de faire prendre en photos à caresser une bonne centaine de tigres.

De mes yeux j’ai vu des tigres drogués, à peine capables de tenir debout avec la quantité de calmants qu’on leur administre pour réduire leur agressivité. J’ai vu des macaques enchainés, des chimpanzés violenté, ridiculisés. Et des foules de touristes hilares. C’est de tout ce qui m’a le plus révolté.

Mais là encore, certain font les choses comme il faut. Des lois passent, des gouvernements se réveillent lentement. Des refuges passent à l’action, libèrent ces animaux, les ré-acclimatent à leur environnement naturel. Ils encouragent les instincts à renaître pour enfin ré-introduire ces trop rares rescapés dans leur habitat naturel. C’est peu, mais c’est tellement juste. C’est avancer dans la bonne direction.

 

On ne peut pas tous ouvrir un refuge, ou bien aller y travailler, j’entends bien. Mais on peut tous faire passer le mot.

On peut tous décider de ne pas monter à dos d’éléphant, de ne pas se faire photographier avec des tigres, des loris et des gibbons – attention, très courant dans les marchés thaïlandais.

On peut tous choisir de ne pas payer pour du divertissement animal, des cirques qui mettent en scène des animaux sauvages aux parcs aquatiques qui les emprisonnent dans des bassins minuscules. On peut s’informer sur les zoos, ceux à éviter et ceux qu’il faut encourager. On peut tout se renseigner pour mieux consommer.

On peut tous faire ce qui est juste et protéger à notre échelle notre si belle diversité.

 

P.S. J’ai attendu longtemps, mais la semaine dernière j’ai enfin pu voir de mes yeux un panda au ZooParc de Beauval.

Un environnement vaste et très enrichi, un régime alimentaire parfaitement adapté. Un panda heureux dans l’un des meilleurs zoos d’Europe qui agit pour la préservation de l’environnement, la protection des espèces en danger et la ré-introduction d’espèces sauvages dans leurs milieux naturels.

 

Photos :

-Tiger Temple, l’enfer des tigres à Kanchanaburi Thailande. L’un des exemples les plus tragiques des abus de l’industrie touristique, le tristement célèbre Tiger Temple de Kanchanaburi, sous couvert d’organisation monastiques à but « non-lucratif » (cette bonne blague) fait payer des fortunes aux touristes mal-informés pour des photos prises aux côtés de tigres drogués et maltraités.

– Eléphanteau camp de trek Pattaya, Thaïlande, Mai 2015

– Ours Malais « Balu », vient d’être réintroduit avec des ours adultes, refuge WFFT, Thaïlande, Mars 2015

– Eléphant « See Puak », refuge WFFT, Thaïlande, Janvier 2015

 

Photographies et texte Alyo.

 

 

 

 

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