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Rencontre avec le papa (presque) Zéro-Déchet

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Rencontre avec le papa (presque) Zéro-Déchet

Ma rencontre avec Ze Jeremie Pichon,

auteur de « Famille (presque) Zéro Déchet » (aux éditions Thierry Souccar)

J’ai finalement posé mes valises.

Il y a tout juste dix mois que je suis à nouveau en France.

Après plus de 3 ans ailleurs, j’ai eu besoin de refaire un nid. J’ai pris conscience de l’importance d’un chez soi, si restrictif, si fixe soit-il.

Mais à l’autre bout du monde, j’ai pris conscience du gaspillage, de l’accumulation, d’un luxe dont personne n’a réellement besoin.

J’ai eu plus qu’une envie, un réel besoin de nidifier autrement.

Ne surtout pas perdre cette connexion – et cette responsabilité aussi – avec Madame Nature.

Éboueuse de voyage, je me suis prise à rêver d’un monde (presque) sans ordures. Parce que j’ai bien compris que le recyclage – si tant est qu’il soit appliqué correctement – avec ses fosses d’enfouissement et ses centrales d’incinération, c’est loin d’être la solution.

Coup de bol, j’ai croisé Jérémie Pichon, le papa de la Famille (presque) Zéro Déchet. Et comme il le dit lui-même : « le Zéro Déchet, l’essayer c’est l’adopter! ».

Deux ouvrages ( « Les Zenfants (presque) Zéro Déchet », version pour enfants est sortie cette année), deux heures de conférence et deux heures de papote avec le papa autour d’un thé et l’envie m’a prise d’éventrer ma poubelle à la seconde où
je franchirai ma porte.

J’ai dévoré son premier livre, bu ses paroles et au centre de son discours, j’y ai vu la vie.

Une préservation de la vie – notamment animale, grande victime de notre bêtise – et quand on me chatouille les oreilles avec le bien-être animal, mon sang ne fait qu’un tour. Un million d’oiseaux meurt chaque année de l’ingestion de plastique et d’ici 2050, qu’il dit, il y aura plus de déchets plastiques que de poissons dans les océans! Ça me fait froid dans le dos…

Mais c’est aussi de la vie humaine dont on parle, de sa qualité, de sa durée aussi. La bataille contre Alzheimer, le cancer et tous leurs petits camarades, le Zéro Déchet y joue son rôle, si infime peut-il sembler.

Vivre Zéro-Déchet, m’explique Jérémie, c’est manger autrement d’accord, mais aussi laver et se laver autrement. Consommer autrement. Finalement, tous ces déchets, il suffit juste d’arrêter de les acheter.

Et le point commun de tous ces déchets, à l’origine achats, c’est encore une question de vie.

Une espérance de vie, chaque achat en a une, plus ou moins longue. Une vie plus ou moins fugace, plus ou moins (souvent moins) utile : le sachet de mouchoirs en papier, la touillette à café… Jérémie me donne autant d’exemples d’objets parfaitement éphémères, superbement pollueurs. De vraies ordures !

Une inévitable fin de vie, ce moment où c’est cassé, avarié ou tout simplement obsolète. Le grand champion de la fin de vie, le plastique, est tout bonnement à bannir de mon nid. Il me faudra privilégier des matières « nobles » telles que le verre – recyclable à l’infini – le métal, le bois, et exterminer cet affreux parasite de plastique de ma vie.

Pour le reste, l’espoir repose dans la seconde vie. Réutilisation, transformation, réparation même ; à moi d’être créative, ou de soutenir ces créatifs qui me donnent l’opportunité d’acheter des objets transformés comme la collection de DECOnnexion, Animus Corpus. La seconde vie peut d’ailleurs être aussi le commencement si j’achète d’occasion – et j’évite par la même l’achat de l’emballage plastique qui va avec le neuf.

C’est possible d’être Zéro-Déchet en faisant mes courses ?

Mais oui! me dit Jérémie. Plus ou moins facilement c’est sûre. Pour les courses déjà, je te conseille de changer de crémier et de te trouver une épicerie en vrac. Prépare toi un petit kit panier en osier + sacs à vrac en tissu + pots en verre (type confiture) + tuptup (tupperware) en verre. Tout ce qui est frais, tu le demandes à la coupe et direct dans ton tuptup (le fromage par exemple). Les céréales et dérivés (riz, pâtes etc..), dans les bocaux de confiture de Mamie.  Les fruits, les légumes et tout le reste, hop dans les sacs à vrac. Et le tout dans le panier. Alors bien sur, adieu pizzas surgelées et compagnie, mais est-ce que t’y perdras vraiment au change ? Tu cuisineras bien plus, c’est clair. Mais tu mangeras tellement mieux aussi !

Et pour le reste ?

C’est applicable à presque toutLes produits ménagers comme les cosmétiques, tu les fabriques. On trouve tout plein de recettes maison dans le premier livre, de la lessive au dentifrice. Garanti sans produits toxiques et 100% naturel, avec une base de vinaigre blanc, d’acide citrique, de bicarbonate de soude et de savon noir plus une petite collection d’huiles essentielles tu peux quasiment tout faire ! Et en plus ça te coûteras beaucoup moins cher en plus de ne pas te récupérer des montagnes de bouteilles en plastique vides.. Tout bénef’!

Presque tout ?

Presque. Faire Zéro Déchet, on l’a toujours dit, c’est pas possible. Il reste le téléphone, l’ordinateur, la voiture surtout, et puis d’autres petites choses qu’on arrive à nous refiler. Mais on a réussi à réduire notre production de déchet de 91% en deux ans et on continue à produire moins. Depuis le début de 2017, on a à peine rempli un Bob*! Une plaquette de médicament vide, deux ou trois emballages de bonbons que les enfants ont ramené de l’école, des broutilles.

Il faut y aller étape par étape, mais il faut y aller. Il faut parfois batailler contre les normes sociales, mais cette qualité de vie, elle en vaut vraiment la peine !

Merci à Jérémie Pichon et son Bob pour cette rencontre, de véritables inspirations.

Suivez la Famille Zéro Déchet sur Facebook et sur leur blog www.famillezerodechet.com 

 

Alyo.

 

*Bob : grand pot en verre. Pour suivre les aventures de Bob en BD, cliquez sur ce lien.

 

 

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