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Serie 3

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La ligne et le pigment

A l’instar d’un musée, d’une galerie ou d’un théâtre, DECOnnexion design se lance à la recherche de pépites artistiques et vous les partage. En résumé : 3 œuvres – 3 artistes – Des connexions ! Chaque article sera l’occasion de pousser un peu plus loin notre perception visuelle, d’affûter nos regards, d’aiguiser nos sens.

Série 3

 

Manda Rose – sans titre, Time Obscured – MA 2013
Aïda Muluneh – Part 3, The 99 series – 2014
Lina Viktor – collaboration avec l’artiste Petite Noire pour l’album La vie est belle/Life is beautiful – 2015
Pour cette nouvelle série, tirée de multiples pérégrinations internet, l’arrêt s’est fait sur le travail de Manda Rose, Aïda Muluneh et Lina Viktor : 3 femmes rassemblées pour leurs recherches plastiques autour de la photographie et de la peinture corporelle.
« Il fallait être peint pour être homme » C. Lévi-Strauss (ethnologue et anthropologue français, 1908-2009)
Peinture de guerre, signe d’appartenance à un groupe, affirmation d’une identité ou d’un statut, symbole de passage, camouflage ou signe de beauté… la peinture corporelle est attestée depuis la nuit des temps lorsque les premiers hommes découvrent les pigments d’origine végétale, minérale ou animale . Elle tient encore aujourd’hui une place importante dans de nombreuses civilisations où les motifs comme les couleurs possèdent une symbolique forte, relative aux croyances populaires. « Les peintures corporelles peuvent s’apparenter à une carte géographique qui identifie chaque individu dans leur univers socioculturel : montre-moi comment tu peins et je te dirais d’où tu viens et qui tu es ».
La couleur comme expression
Noir, blanc, jaune et rouge, couleurs dominantes dans les trois photos, sont les pigments les plus fréquemment utilisés autour du monde. Le blanc, tiré de la poussière de kaolin (argile) ou de la craie, est généralement associé au deuil ou à la purification. Le jaune quant à lui évoque le soleil, la lumière. Le rouge, obtenus par le broyage d’écorces, de baies ou d’ocre, couleur de sang, est souvent symbole d’énergie vitale et de fécondité. Enfin, le noir, issu du charbon, évocateur de la nuit et du chaos primordial, symbolise le néant.

Des visages des figures…

Au delà des couleurs, deux éléments rapprochent plastiquement les trois images : l’utilisation du tissu pour structurer l’espace et l’attention portée à la figure humaine. Les contours bien définis, identifiables du visage se détachent de la masse ample du tissu dissimulant les corps. Détachées des drapés sombres et de l’arrière plan flou, soulignées par des formes géométriques peintes (angles, lignes, points), les têtes humaines concentrent notre attention.
Imprégnées d’influences tribales, les peintures corporelles de Manda Rose, Aïda Muluneh et Lina Viktor interrogent l’identité (dédoublement, dualité …) et explorent les racines de l’humanité.

Rendez-vous le mois prochain pour de nouvelles découvertes avec DECOnnexion.

A.R.

 

Manda Rose – sans titre, Time Obscured – MA 2013
Lina Viktor – collaboration avec l’artiste Petite Noire pour l’album La vie est belle/Life is beautiful – 2015
Aïda Muluneh – Part 3, The 99 series – 2014

 

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