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C’est des tomates du jardin? Mes débuts en permaculture.

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C’est des tomates du jardin?

Quand une ex-citadine se met au vert, des trucs poussent, d’autres moins. 

Mes débuts en permaculture …

 

Un petit potager au fond du jardin. Depuis que je suis gamine, j’en rêve.

Mon grand-père travaillait la terre, et pendant les vacances, on ramassait des fraises, on cueillait des cerises, on équeutait des haricots verts.
Moi j’ai toujours vécu ma vie d’adulte en ville ou bien sur les routes. Pas de jardin, un rapport au végétal courtois mais plutôt timide, je me suis toujours dit qu’un jour je me lancerai. Depuis Janvier, j’ai une maison, un grand jardin avec carte blanche des proprios pour investir leur 300m2 de pelouse, du temps plus qu’il n’en faut, des idées tout plein et un bon début de bibliothèque sur la permaculture et l’agro-écologie : aller c’est parti !

Janvier – Une toile vierge.

Seulement voila, à part mes bouquins et quelques tutos, il n’y a que la terre et moi. Pas d’esquisse de commencement de quoi que ça soit, ma terre n’a jamais « bossé », et moi jamais « bossé » la terre, nous voila bien.
En permaculture, il faut laisser vivre la terre dans son cycle naturel. Ça tombe plutôt bien, moi je préfère des relations douces, basées sur une compréhension mutuelle avec la nature et du bio tant qu’à faire. Oui, bon, sauf qu’il faut quand même la sortir de sa léthargie un minimum, sinon à part du chien-dent on ne va pas avoir grand chose à manger, et je me doute que ça n’est pas fameux!

Il faut aussi semer et planter consciemment, en associant les espèces qui se comprennent et s’entraident plutôt que celles qui se tirent dans les pâtes pour avoir le premier rôle, le plus de soleil, d’eau et d’attention. Connaître les besoins de chacun. Qui veut être à l’ombre, au sec, qui aura très soif et qui tombera facilement malade s’il fait humide? Je me sens comme une maîtresse d’école qui apprend à connaître chacun de ses élèves pour mieux les aider à grandir.

Février – Planification, mon aimée.

Me voila donc sur mon carnet de croquis à répartir mes cultures, carottes et radis, poireaux et betteraves, fraises au soleil, pommes de terre en solo – mildiou oblige. J’ai appris à les connaître, je lis, j’écoute, je regarde les conseils. Me voila de retour à la fac, la tête dans les bouquins à recouper les sources.

J’apprends les techniques, les buttes, le paillis, le compost. Je me creuse la tête, où trouver des déchets verts ? Je chope le voisin d’en face qui s’apprête à se débarrasser de ses tontes de pelouse, je prends ! Je monte un composteur dans le jardin et je le nourri quotidiennement.
Je compte les mètres, délimite mes buttes et tous me disent que c’est trop ambitieux. Trop grand pour moi toute seule, trop de boulot, trop de choses à gérer et « tu n’y connais rien, tu va te laisser déborder ». Mais enfin, laissez moi (me) planter !!!

Mars – Il est temps de se salir les mains !

D’autant plus que merci le réchauffement climatique (*sarcasme) il fait super beau et chaud en Mars, et comme je passe mes journées à creuser à la pelle comme si j’étais menacée arme au point par la mafia, ça tombe carrément bien.
Trois jours pour creuser deux buttes et des dizaines d’ampoules aux mains plus tard, mon voisin d’à côté a eu pitié et m’a prêté sa fourche – bien aimable – ma vie est révolutionnée. Au bout de 2 semaines, j’ai donc mes sept lignes et mon carré. Fière comme un bar-tabac, tout fait toute seule.

Je retourne gentiment la terre, reloge les vers de terre avec douceur. Je forme enfin les buttes que j’amende d’orties ramassées au bord des chemins et que je couvre de fougères trouvées dans la forêt- pour ne pas laisser la terre nue.

Avril. Montalivet. Les débuts de Wonderland. Buttes creusées et formées, esquisse de spirale en lasagne.

Cliquez sur l’image pour faire défiler la série.

Avril – Projet spirale.

J’en ai vu dès le début de mes recherches en permaculture, des spirales. Mais ça me paraissait trop ambitieux. Monter une structure en pierre, l’orienter comme il faut, appréhender l’écoulement des eaux de pluie et d’arrosage, je ne m’en sentais pas capable. Mais en Avril il m’a poussé des ailes.
Je suis donc allée farfouiller dans la forêt pour chercher des grosses pierres – « récup’ » étant le mot d’ordre de ce projet – chargées dans ma voiture, trois aller-retours. Me casser le dos à les transporter d’un bout à l’autre du jardin sous le regard médusé du chien qui avait bien l’air de se demander « mais qu’est ce qu’elle fout ? ».

J’ai amendé d’une nouvelle contribution en compost du voisinage et monté une lasagne – carton/gros compost/terre/compost fin/terre – et commencé mon château de cailloux. En une journée et trois litres de sueur c’était plié et magnifique. Y’à plus qu’à semer/planter !

Mai – À nos semis .. 

Et si on redescendait sur terre ? Pour ça, Mai m’a bien remis à ma place. J’ai semé, j’ai attendu, attendu mais Zaï Zaï Zaï Zaï – faut connaitre la réf…! Semé dans la terre, semer dans l’abri de jardin « au chaud ». Rien à faire, rien ne monte. Trop froid ? Trop sec ? Trop d’eau ? Pas assez ? Allô Mamie ?
Depuis Mai, j’ai donc pris une conseillère agricole en la personne de ma mamie Thérèse. Tous les mercredi, on se fait une papote d’une heure au téléphone et elle suit mes progrès, m’encourage à essayer telle technique qu’utilisait mon grand-père ou a planter plutôt telle variété. Elle m’encourage aussi à être patiente, ma terre est aussi débutante que moi !
Et puis fin Mai les voilà. Les bébés plantes. Ils sont tous minuscules, et tous pareils. Je ne sais pas les différencier, ni les uns des autres, ni des mauvais herbes. Mais c’est pas grave, ils sont là, et c’est trop de bonheur.

Juin – De la patience …et des plantations, parce que bon, la patience ça va bien 5 minutes.

J’ai semé des tomates 7 fois – 5 fois trop tôt, 2 fois trop froid si on en croit Mamie. Et puis juste quand j’ai commencé à planter les rares survivants, il a gelé. J’ai perdu tous mes semis, et tous mes jeunes plants. Sans exception.

Les radis ont tenu. Les épinards aussi.

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Mai. Montalivet. Après les radis, les épinards sortent à leur tour.
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Mai. Montalivet. Les premières pousses montrent le bout de leur nez.

Les petits-pois commencent à sortir et j’ai ajouté une grille en catastrophe parce qu’il s’avère qu’ils grimpent – on est novice jusqu’au bout chez moi. Le beau feuillage des pommes de terre a brûlé à cause du froid. Tant pis, une petite coupe et c’est reparti. Pour rattraper mon retard, j’ai trouvé des plants d’un copain qui fait du bio dans le coin. J’ai re-planté des tomates, j’y crois ! J’ai mis aussi du romarin, de la menthe, du basilic et de la lavande dans la spirale qui sera aromatique ou ne sera pas. J’y ai aussi re-semé du lin, du thym, de la ciboulette, du persil, du basilic pourpre, de la bourrache et un plant de courgette. On verra bien.

Juin-Juillet. Montalivet. Premières récoltes.
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Juillet. Montalivet. Basilic pourpre, star de Wonderland.

Juillet – Du jardin à l’assiette, enfin. 

Même si souvent ça n’arrive pas jusqu’à l’assiette parce que c’est goûté/dévoré avant de passer le petit portillon du potager.

Les radis sont arrivés les premiers. Petits, parce que je n’ai pas suffisamment éclairci, ou peut être trop tard, mais ils sont là quand même. Les épinards ont suivi peu après.

Les petits pois sont arrivés les suivant et je me suis retrouvée gamine chez mes grand-parents, assise sous le noisetier à les écosser pour le dîner. Douce nostalgie et superbe fierté partagée en mémoire de mon grand-père.

Puis, les pommes de terre, véritable chasse au trésor qui a commencé au top départ donné par ma grand-mère : « quand les feuilles commencent à jaunir ». Ensuite, les haricots. Les betteraves, en jus le matin au petit dej’ avec les carottes –  le peu qu’elles ont donné en tout cas et enfin, les fraises et les framboises. SI peu, mais si bon.

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Juillet. Montalivet. Premières récoltes – un repas. Petits pois
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Juillet. Montalivet. Premiers fruits
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Juillet. Montalivet. Un trésor enfouis sous la terre.

 

Un bilan de mi-saison ? Que d’émotions !

Cette première mi-saison de permaculture a été mouvementée. Elle m’a replongée dans la terre, dans mon enfance et dans cette relation avec la nature que j’aime tant. Elle a renforcé mes liens avec mon adorée grand-mère qui est fière de partager tout son savoir-faire. Elle m’a fait croire en mes ressources, en mon instinct. Elle m’a remise à ma place aussi.

De maigres récoltes mais tellement de leçons ! Beaucoup d’erreurs mais aussi beaucoup de surprenantes réussites.

L’année prochaine j’agrandi, et tant pis si tous continuent de dire que c’est trop ambitieux ! Si je veux, je peux !
P.S.  de mi-Août : J’attends toujours les tomates, elles commencent à peine à prendre de belles couleurs… Comme dit Journey: « Don’t stop believing ! »

Alyo.

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Juillet. Montalivet. Saison 1 au sommet de sa gloire.

 

En couverture,Septembre. Ploemeur, Bretagne. 
Sur le chantier du LoveShack Project, rencontre avec la permaculture.

 

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